Leone de’ Sommi, Quatro dialoghi in materia di rappresentazione sceniche, rédigés à Mantoue vers 1575; éd. de Ferucio Marotti, Milan, 1968, Dialogo terzo, p. 40-41.

Come vizio pestilente, poi, li proibisco lo affrettarsi, anzi li costringo, potendo, a recitar molto adagio, et dico molto, facendoli esprimere con tradità ben tutte le parole fin all’ultime sillabe [...] Et voglio che sappiate che, quantunque spesso paia a chi recita in scena di dire adagio, non è mai tanto tardo che à l’uditore non paia velocissimo, pur che’l dir non dia spezzato, ma sostenuto, in modo che non induca afettazion e noia.

Je leur interdis [aux acteurs], ensuite, comme un vice abominable, d’accélérer [leur débit]; au contraire, si je peux, je les oblige à réciter très lentement, et je dis bien très lentement, en les faisant articuler sans hâte toutes les paroles jusqu’aux dernières syllabes [...] Et je veux que vous sachiez que, bien que souvent celui qui récite ait l’impression de parler lentement, ce n’est jamais si lent qu’à l’auditeur cela ne semble très rapide, pourvu que la récitation ne soit pas hachée, mais soutenue, de façon à ne pas être affectée et ennuyeuse.

Cité et traduit dans GREEN (Eugène), La parole baroque, Paris, Desclée de Brouwer, 2001, p. 123.