Le commencement de la destruction de la poésie est dans l’idée du langage entendu comme pure convention, agrégat de signes, fruit, comme la cellule, des jeux du hasard. Personne qui pense ainsi ne pourrait croire encore dans le pouvoir du mot qui se compose en une architecture de carmen, dans le bien qui doit émaner de lui, devenu grumeau versifié, apparition musicale, dans sa capacité de révéler quelque chose du Dieu caché créateur des lettres, dont le rythme et le sens sculptent la figure défendue et tracent le Nom ineffable.

CERONETTI (Guido), Le silence du corps, Albin Michel, 1984, p. 58.