Celano, Vita prima, Chap. 29, § 82.
E’ impossibile comprendere umanamente la sua commozione, quando proferiva il tuo Nome, o Dio! Allora, travolto dalla gioia e traboccante di castissima allegrezza, sembrava veramente un uomo nuovo e di altro mondo. Per questo, ovunque trovava qualche scritto, di cose divine o umane, per strada, in casa o sul pavimento, lo raccoglieva con grande rispetto riponendolo in un luogo sacro o almeno decoroso, nel timore che vi si trovasse il nome del Signore, o qualcosa che lo riguardasse.
Avendogli una volta un confratello domandato perché raccogliesse con tanta premura perfino gli scritti dei pagani o quelli che certamente non contenevano il nome di Dio, rispose: “Figlio mio, perché tutte le lettere possono comporre quel nome santissimo; d’altronde, ogni bene che si trova negli uomini, pagani o no, va riferito a Dio, fonte di qualsiasi bene!”. Cosa ancor più sorprendente, quando faceva scrivere messaggi di saluto o di esortazione, non permetteva che si cancellasse alcuna parola o sillaba, anche se superflua o errata.
Source: Umbria, terra di santi
Lorsqu’il prononçait votre nom, il était saisi, ô Dieu saint, d’une émotion que l’intelligence humaine ne peut comprendre, et, débordant de joie, rempli d’une très pure allégresse, il paraissait un autre homme, et d’un autre âge. C’est pourquoi, s’il rencontrait quelque part sur une route, dans une maison, dans une rue, un écrit divin ou profane, il [le] recueillait avec un grand respect et le plaçait dans un endroit sacré ou convenable, pensant qu’il pouvait contenir le nom du Seigneur ou quelque chose s’y rapportant. Et comme un frère lui demandait un jour pourquoi il recueillait si soigneusement même les écrits des païens où ne se trouve pas le nom du Seigneur, il répondit: “Mon fils, c’est parce qu’ils renferment les lettres qui servent à former le très glorieux nom de Dieu notre Sauveur. D’ailleurs ce qui s’y trouve de bon n’appartient ni aux païens ni aux autre hommes, mais à Dieu seul, source de tout bien.” Chose non moins admirable, quand il faisait écrire un billet de politesse ou d’exhortation, il n’y voulait voir effacer ni une lettre, ni une syllabe même superflue ou fautive.
Traduction GOBRY (Ivan), St François d’Assise et l’esprit franciscain, Le Seuil, Maîtres spirituels, 1957, p. 153.
