Une table, quelques chaises. Trois fronts penchés sur un même livre, qu’il soit profane ou bien sacré. De temps à autre, une tête se redresse, s’ouvre une bouche qui dit son intime conviction, son intime interprétation. Discutée, pesée, confrontée au texte présent, mais aussi éclairée par tous les autres textes, cette proposition prend place dans la construction collective du sens qui, d’âge en âge, de texte en texte, nous prolonge et nous unit. Nul n’en est exclu qui accepte la règle de la transmission : ni servilité ni trahison.

BENTOLILA (Alain), Le propre de l’homme : parler, lire et écrire, Plon, 2000, p. 207-208.