«Il n’y aura pas de réforme de l’école sans les enseignants» | Mario tout de go  Annotated

tags: no_tag

  • Vu du Québec , l’état des discussions, conduites en France sur le métier d’enseignant… Un Mario mesuré et clair, comme à son habitude, qui ne se mêle pas de nous conseiller mais dont la sagesse parle… entre les lignes.
     - post by cjacomino
«Les enseignants sont attachés à leur liberté pédagogique et à leur liberté d’organiser leur temps de travail. Ces libertés sont essentielles. Mais elles sont, aussi, génératrices d’un isolement parfois douloureux - solitude du maître - et souvent regrettable du point de vue de l’efficacité - morcellement des savoirs, appréhension parcellaire des besoins des élèves. De plus en plus, la réussite des enseignants dans leur mission se jouera autant dans le seul face à face avec les élèves à l’intérieur de la classe, que dans le travail d’équipe. Ce travail collectif, extrêmement fécond là où il est pratiqué, doit être développé. La commission relève deux pistes pour que ce travail devienne la règle : plus d’autonomie pour les écoles et les établissements, comme communautés éducatives; une autre organisation des obligations de service des enseignants.»

  1. MRG

    Ton billet me rappelle nos échanges pré-électoraux. Quelles sont les chances d’une stratégie de réforme qui commence (et se poursuit) par la stigmatisation ou l’humiliation du corps qui est à la fois l’objet et l’agent de la réforme?

  2. Christian J.

    Salut Michel, Une réforme se propose qui porte sur ce qui me paraît l’essentiel et qui est souligné ici par Mario Asselin. Mon idée est celle-ci: je ne suis pas sûr que la réforme aboutisse parce que je ne suis pas sûr que les enseignants la veuillent, ni d’ailleurs les français en général. Et si cette réforme ne se fait pas, nous irons - nous commençons à aller déjà vers une privatisation très dure, en comparaison de laquelle l’idée de ‘chèques éducation’ apparaîtra, à terme, pour une proposition gauchiste (puisque le chèque éducation suppose que l’état paie pour les plus pauvres, tandis que dans ce qui s’esquisse sous nos yeux, ce sont les plus riches qui paient pour les études supérieures de leurs rejetons, en écoles de commerce, par ex., et qui n’en demandent pas davantage). Et dans ce contexte, que la proposition (d’autonomie des établissement scolaires) soit formulée comme elle est ici m’apparaît en soi comme un miracle du ciel…
    La profession des professeurs sait qu’on ne rentre plus en fac de médecine, aujourd’hui, en France, sans passer par une classe préparatoire privée, dont les frais sont à la charge des familles. Et cette profession ne trouve rien à y redire. En revanche, elle trouve à redire à l’idée qu’il faudra désigner un leader dans chaque établissement scolaire, que ce leader aura à répondre de son travail devant un CA, qu’il aura à organiser un travail d’équipe. En un mot, la profession trouve à redire que ‘organisation du métier rentre dans le droit commun de toute institution démocratique.
    Peut-être les politiques ont-ils à tenir compte - respectueusement - de ces réticences. Mais je n’en suis (toujours) pas sûr. Et je n’ai pas envie de leur reprocher quelque chose dont je me sentirais moi-même totalement incapable…
    C’est pourquoi j’ai préféré citer Mario Asselin…

Leave a Comment